La routine du musulman : l’importance du dhikr, des adhkār et de l’istighfār au quotidien

Dhikr et adhkār quotidiens pour instaurer une routine spirituelle apaisante en Islam

Le musulman n’a pas été créé pour vivre détaché du rappel d’Allah, Exalté soit-Il.

Au contraire, le dhikr, les adhkār quotidiens et l’istighfār constituent le cœur vivant de la foi, le lien permanent entre le serviteur et son Seigneur.

Dans un monde marqué par la distraction, l’agitation et l’oubli, la routine du musulman repose sur un principe simple mais fondamental : évoquer Allah constamment, de manière authentique et régulière.

Cet article a pour objectif de montrer l’importance du dhikr, des adhkār du matin et du soir et de l’istighfār, leurs bienfaits spirituels, leur rôle protecteur, et comment les intégrer concrètement dans la vie quotidienne, à la lumière du Coran et de la Sunna authentique.

Pour t’aider à mettre en pratique cette routine au quotidien,

nous avons préparé un livret simple et structuré : « La routine du musulman ». Il regroupe les adhkār essentiels du matin, du soir, après les prières et avant de dormir, issus du Coran et de la Sunna authentique.

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Qu’est-ce que le dhikr en Islam ?

Le mot dhikr (ذِكْر) signifie littéralement le rappel. En Islam, il désigne toute évocation d’Allah, que ce soit par la langue, le cœur ou les actes.

Le dhikr englobe notamment :

  • la récitation du Coran,
  • la glorification d’Allah (subḥānallāh),
  • la louange (al-ḥamdu liLlāh),
  • l’unicité (lā ilāha illa Llāh),
  • la grandeur d’Allah (Allāhu akbar),
  • la demande de pardon (istighfār).

Allah, Exalté soit-Il, ordonne clairement :

« Ô vous qui avez cru ! Évoquez Allah d’une évocation abondante. »

(Coran, al-Aḥzāb, 33:41)

Ce verset montre que le dhikr n’est pas occasionnel :

Il doit être abondant, constant et ancré dans le quotidien du croyant.

Différence entre dhikr, adhkār et istighfār

Pour comprendre la routine spirituelle du musulman, il est essentiel de distinguer ces trois notions complémentaires :

Le dhikr

C’est le terme général qui englobe tout rappel d’Allah, sans restriction de moment.

Les adhkār

Les adhkār sont des formules précises enseignées par le Prophète ﷺ, liées à des moments spécifiques :

  • le matin,
  • le soir,
  • après les prières obligatoires,
  • avant de dormir,
  • en situation de peur, de détresse ou de joie.

L’istighfār

L’istighfār est la demande de pardon adressée à Allah. Il fait partie intégrante du dhikr et constitue une clé majeure de purification du cœur et de soulagement des épreuves. Ces trois éléments forment ensemble la base de la routine du musulman pratiquant.

L’importance du dhikr dans le Coran

Le Coran accorde au dhikr une place centrale, répétée et insistante. Le rappel d’Allah n’y est pas présenté comme une simple recommandation spirituelle, mais comme un fondement de la foi, une source de vie pour le cœur et une clé de réussite.

Les exégètes ont longuement commenté ces versets, et parmi eux, Shaykh ʿAbd ar-Raḥmān as-Saʿdī, qu’Allah lui fasse miséricorde, a particulièrement mis en lumière la dimension pratique et transformatrice du dhikr.

Le dhikr apporte la paix du cœur

Allah, Exalté soit-Il, dit :

« C’est par le rappel d’Allah que les cœurs s’apaisent. »

(Coran, ar-Raʿd, 13:28)

Dans son tafsīr, as-Saʿdī explique que ce verset signifie que rien ne peut apporter au cœur une tranquillité véritable et durable en dehors du rappel d’Allah.

Il précise que les cœurs sont naturellement inquiets, instables, exposés aux peurs et aux préoccupations, et que le dhikr agit comme un apaisement réel, non illusoire.

Selon as-Saʿdī, le rappel d’Allah :

  • rassure le cœur quant au destin,
  • renforce la confiance dans la sagesse divine,
  • fait disparaître l’angoisse liée à l’avenir.

Il souligne que les plaisirs matériels, la réussite sociale ou les distractions ne peuvent offrir qu’un soulagement temporaire, alors que le dhikr produit une paix profonde, continue et renouvelée.

Cette paix n’est donc pas symbolique : elle se manifeste par la sérénité, la stabilité émotionnelle et la fermeté du cœur face aux épreuves.

Le dhikr élève le croyant et l’honore

Allah, Exalté soit-Il, dit :

« Évoquez-Moi, Je vous évoquerai. »

(Coran, al-Baqarah, 2:152)

As-Saʿdī explique que ce verset contient une promesse immense, fondée sur la réciprocité divine : si le serviteur évoque Allah, Allah l’évoque en retour.

Il précise que le rappel d’Allah par Allah Lui-même est plus noble, plus élevé, plus bénéfique que tout ce que le serviteur peut imaginer.

Être évoqué par Allah signifie :

  • être mentionné auprès des anges,
  • bénéficier de Son aide,
  • recevoir Sa miséricorde et Son soutien.

As-Saʿdī insiste sur le fait que ce verset incite le croyant à multiplier le dhikr, car chaque rappel, même discret, est connu d’Allah et récompensé par une élévation spirituelle réelle. Le dhikr n’est donc pas seulement un acte personnel : c’est une cause directe de proximité avec Allah.

Le dhikr est un signe de réussite

Allah, Exalté soit-Il, dit :

« Et évoquez Allah abondamment afin que vous réussissiez. »

(Coran, al-Jumuʿah, 62:10)

Dans son commentaire, as-Saʿdī explique que la réussite mentionnée ici est globale, englobant :

  • la réussite religieuse,
  • la rectitude du cœur,
  • la réussite dans les actes,
  • et la réussite dans l’au-delà.

Il souligne que le verset utilise l’expression « abondamment », montrant qu’un dhikr occasionnel est bénéfique, mais que la véritable réussite est liée à la constance et à la répétition.

Selon as-Saʿdī, le dhikr :

  • éclaire l’intelligence,
  • renforce la foi,
  • facilite l’obéissance,
  • éloigne le péché.

Ainsi, plus le serviteur multiplie le rappel d’Allah, plus les causes de réussite s’ouvrent devant lui, dans ses œuvres, ses choix et sa relation avec son Seigneur.

À travers ces versets, trois réalités fondamentales apparaissent :

  • Le dhikr apaise le cœur de manière réelle et durable.
  • Le dhikr élève le croyant par le rappel divin en retour.
  • Le dhikr est une clé de réussite ici-bas et dans l’au-delà.

Le Coran ne présente donc pas le dhikr comme une pratique secondaire, mais comme un pilier central de la vie du croyant, sans lequel le cœur s’affaiblit, s’agite et se détourne.

Le dhikr comme remède aux maladies du cœur

Les savants ont expliqué que les troubles spirituels — tels que l’angoisse, la tristesse, l’ostentation, l’insouciance ou l’attachement excessif à ce bas monde — sont des maladies du cœur.

Or, le Coran et la Sunna ont désigné le dhikr comme leur principal remède.

Le cœur a besoin du dhikr comme le corps a besoin de nourriture

Ibn Taymiyyah explique que le cœur humain ne peut vivre sainement sans le rappel d’Allah. Il écrit que le dhikr est pour le cœur : ce que l’eau est pour le poisson.

Il précise que lorsque le cœur est privé de dhikr :

  • il s’affaiblit,
  • il s’assombrit,
  • il devient instable et inquiet, même si extérieurement la personne semble comblée.

Ainsi, l’absence de dhikr est en soi une maladie, et non un simple manque.

Le dhikr chasse l’angoisse et la tristesse

Ibn Taymiyyah affirme clairement que les causes majeures de la tristesse et de l’angoisse sont l’oubli d’Allah et l’attachement excessif au monde, tandis que le rappel d’Allah est la cause la plus efficace pour les dissiper.

Cela rejoint parfaitement la parole d’Allah, Exalté soit-Il :

« C’est par le rappel d’Allah que les cœurs s’apaisent. »

(Coran, ar-Raʿd, 13:28)

Ibn Taymiyyah explique que cette paix n’est pas seulement émotionnelle, mais aussi intellectuelle et spirituelle, car le dhikr redonne un sens aux épreuves, replace le destin entre les mains d’Allah et enlève au cœur le poids d’une peur excessive.

Le dhikr protège contre les maladies spirituelles

Dans Les maladies des cœurs, Ibn Taymiyyah montre que les péchés répétés, l’insouciance et les passions entraînent :

  • la dureté du cœur,
  • l’aveuglement spirituel,
  • l’éloignement progressif d’Allah.

Il explique que le dhikr agit comme une barrière protectrice, car il empêche le cœur de s’installer durablement dans l’oubli, freine les mauvaises pensées et affaiblit l’influence de Shayṭān.

Cela est en parfaite cohérence avec la parole d’Allah, Exalté soit-Il :

« Et quiconque se détourne de Mon rappel mènera certes une vie étroite. »

(Coran, Ṭā-Hā, 20:124)

Ibn Taymiyyah commente que cette vie étroite ne désigne pas seulement la pauvreté matérielle, mais avant tout l’étouffement intérieur, l’insatisfaction permanente et l’agitation du cœur.

Le dhikr est une source de force intérieure et de constance

Ibn Taymiyyah insiste également sur le fait que le dhikr renforce la volonté et la fermeté du croyant.

Il explique que celui qui multiplie le rappel d’Allah :

  • résiste mieux aux tentations,
  • persévère davantage dans l’obéissance,
  • supporte plus facilement les épreuves.

Ceci éclaire la parole d’Allah, Exalté soit-Il :

« Ô vous qui avez cru ! Évoquez Allah d’une évocation abondante. »

(Coran, al-Aḥzāb, 33:41)

Selon Ibn Taymiyyah, l’ordre d’évoquer Allah abondamment indique que la quantité et la régularité ont un effet direct sur la force du cœur.

Le dhikr comme clé de guérison du cœur

Ibn Taymiyyah conclut que les maladies du cœur ne se guérissent pas uniquement par la science, ni uniquement par l’ascèse, mais par la combinaison de la connaissance et du dhikr constant.

Il affirme que le dhikr est à la fois prévention et guérison :

  • prévention contre la rechute,
  • guérison contre les maux déjà installés.

C’est pourquoi il considère le rappel d’Allah comme le remède le plus puissant et le plus accessible pour le croyant.

Une vérité s’impose :

  • le dhikr est la vie du cœur,
  • son absence est une cause majeure de maladie,
  • sa constance est une cause directe de guérison, de paix et de réussite.

La routine du musulman ne peut donc être saine et complète sans une place centrale accordée au dhikr.

Les bienfaits du dhikr selon la Sunna

La Sunna du Prophète ﷺ confirme, explique et approfondit ce que le Coran enseigne au sujet du dhikr. Les paroles et la pratique prophétiques montrent que le rappel d’Allah est la vie même du cœur, et que son abandon entraîne un affaiblissement spirituel réel.

Ibn al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, dans Zād al-Maʿād, a longuement exposé les effets du dhikr sur l’âme, le cœur et la foi, en s’appuyant sur les hadiths authentiques.

Le dhikr est la vie du cœur

Le Prophète ﷺ a dit :

« L’exemple de celui qui évoque son Seigneur et de celui qui ne L’évoque pas est comme celui du vivant et du mort. » (al-Bukhārī)

Ibn al-Qayyim explique que ce hadith établit une comparaison réelle et non symbolique.

Selon lui :

  • le cœur qui évoque Allah est vivant, lumineux et réactif,
  • tandis que le cœur privé de dhikr est semblable à un cœur mort, même si la personne est physiquement en vie.

Il précise que :

  • la vie du cœur se manifeste par la foi, la crainte révérencielle et l’amour d’Allah,
  • alors que sa mort se manifeste par l’insouciance, la dureté et l’éloignement du rappel.

Ainsi, le dhikr n’est pas un simple ajout spirituel : c’est la condition même de la vie intérieure.

Le dhikr est la meilleure occupation du serviteur

Dans Zād al-Maʿād, Ibn al-Qayyim souligne que le Prophète ﷺ était la personne la plus constante dans le dhikr, dans toutes les situations :

  • en voyage et en résidence,
  • dans l’aisance comme dans la difficulté,
  • le jour comme la nuit.

Il explique que cette constance montre que le dhikr est l’adoration la plus facile, la plus accessible, et pourtant l’une des plus lourdes dans la balance.

Il cite à ce sujet la parole du Prophète ﷺ :

« Les gens du Paradis ne regretteront rien, sauf les moments où ils n’ont pas évoqué Allah. »

(rapporté par at-Ṭabarānī – sens authentifié)

Ibn al-Qayyim commente que ce regret n’est pas dû à un péché, mais au fait d’avoir manqué une occasion d’élévation et de proximité.

Chaque instant sans dhikr est donc une perte réelle, même s’il n’est pas compté comme une désobéissance.

Le dhikr protège le cœur et l’oriente vers Allah

Ibn al-Qayyim explique également que le dhikr :

  • protège le cœur contre l’invasion des pensées négatives,
  • affaiblit l’influence de Shayṭān,
  • empêche le cœur de s’attacher excessivement au bas monde.

Il montre que le Prophète ﷺ utilisait le dhikr comme un rempart permanent, et que plus le serviteur multiplie le rappel, plus son cœur devient ferme, sa foi se renforce, son attachement à Allah grandit.

Le dhikr agit ainsi comme une protection préventive, avant même que la maladie du cœur ne s’installe.

Le dhikr est une source de joie et de récompense durable

Dans Zād al-Maʿād, Ibn al-Qayyim insiste sur un point essentiel : le dhikr est une adoration dont la récompense commence ici-bas avant l’au-delà.

Il explique que le rappel d’Allah engendre une joie intérieure, une satisfaction du cœur, une douceur spirituelle que rien d’autre ne peut remplacer.

Cette réalité explique pourquoi le Prophète ﷺ a enseigné à sa communauté de multiplier le dhikr en toute circonstance, car il s’agit d’un bien immédiat, durable et renouvelable à l’infini.

Synthèse selon la Sunna et Ibn al-Qayyim

À la lumière de la Sunna et des enseignements d’Ibn al-Qayyim dans Zād al-Maʿād, il apparaît clairement que :

  • le dhikr est la vie du cœur,
  • son abandon entraîne une forme de mort spirituelle,
  • chaque instant sans dhikr est une occasion manquée,
  • sa constance est une source de joie, de protection et d’élévation.

La routine du musulman ne peut donc être saine et complète sans un attachement fort et constant au dhikr, tel que le Prophète ﷺ l’a pratiqué et enseigné.

Les adhkār du matin et du soir : un rempart quotidien

Parmi les formes les plus importantes et les plus régulières du dhikr figurent les adhkār du matin et du soir. Ils occupent une place centrale dans la Sunna du Prophète ﷺ et constituent l’un des moyens les plus puissants de protection spirituelle du croyant.

Ibn al-Qayyim explique dans Zād al-Maʿād que le Prophète ﷺ ne délaissait jamais ces adhkār, ni en voyage ni en résidence, ni dans l’aisance ni dans la difficulté. Cette constance montre qu’il ne s’agit pas de simples invocations facultatives, mais d’une véritable routine prophétique.

Une pratique constante du Prophète ﷺ

Ibn al-Qayyim souligne que le Prophète ﷺ avait des adhkār :

  • au début de la journée,
  • à la fin de la journée,
  • et à la transition entre le jour et la nuit.

Il précise que ces moments correspondent à des changements d’état, où le serviteur est plus exposé aux insufflations de Shayṭān, aux dangers visibles et invisibles, et aux épreuves qu’Allah décrète.

C’est précisément pour cela que le Prophète ﷺ a institué des adhkār spécifiques à ces moments, afin que le croyant commence et termine sa journée sous la protection d’Allah.

Les adhkār du matin et du soir comme protection

Ibn Taymiyyah, dans Al-Kalim aṭ-Ṭayyib, explique que les adhkār authentiques sont des fortifications spirituelles. Il compare celui qui les récite régulièrement à une personne qui se réfugie dans une citadelle solide, hors d’atteinte de l’ennemi.

Il affirme que plus le dhikr est complet et régulier, plus la protection est forte et durable.

Cela signifie que la négligence de ces adhkār expose le cœur et la personne à des atteintes spirituelles, même si celles-ci ne sont pas immédiatement perceptibles.

Protection contre le mal et contre Shayṭān

Dans Zād al-Maʿād, Ibn al-Qayyim explique que Shayṭān guette les moments d’inattention, en particulier au début de la journée et à la tombée de la nuit.

Or, les adhkār du matin et du soir ferment les portes par lesquelles Shayṭān agit, empêchent ses insinuations de s’installer et affaiblissent son influence sur le cœur.

Ceci rejoint les nombreux hadiths dans lesquels le Prophète ﷺ a enseigné des formules précises de protection à réciter à ces moments.

Shaykh ʿAbd ar-Razzāq al-Badr explique, dans Jawāmiʿ al-Adʿiyah an-Nabawiyyah, que ces adhkār rassemblent :

  • la demande de protection,
  • la proclamation du tawḥīd,
  • la confiance totale en Allah.

Cette combinaison est ce qui rend ces adhkār particulièrement efficaces.

Protection contre les épreuves visibles et invisibles

Ibn al-Qayyim précise que les adhkār du matin et du soir ne protègent pas seulement contre Shayṭān, mais aussi :

  • contre les calamités,
  • contre les épreuves soudaines,
  • contre le mal des créatures,
  • contre ce qu’Allah a décrété comme épreuve pour le serviteur.

Il explique que le croyant qui s’en remet à Allah dès le matin et dès le soir place sa journée et sa nuit sous la garde divine. Ce placement n’empêche pas forcément toute épreuve, mais il en diminue l’impact, en facilite la patience et en préserve le cœur.

Une cause de baraka dans la journée et la nuit

Shaykh ʿAbd ar-Razzāq al-Badr insiste sur un point fondamental : les adhkār du matin et du soir sont une cause directe de baraka.

Il explique que la baraka se manifeste par :

  • une facilité dans les affaires,
  • une clarté dans les décisions,
  • une sérénité dans le cœur,
  • et une protection invisible mais réelle.

Le croyant peut accomplir beaucoup d’actions dans une journée sans baraka, ou peu d’actions avec baraka, grâce à ces adhkār.

Preuve prophétique globale

Le sens de nombreux hadiths authentiques montre que celui qui récite les adhkār du matin et du soir est protégé jusqu’au moment suivant.

Même lorsque le Prophète ﷺ n’a pas résumé cette réalité en une seule phrase littérale unique, la convergence des hadiths authentiques établit clairement ce principe :

Les adhkār du matin et du soir constituent une armure spirituelle quotidienne, renouvelée chaque jour et chaque nuit.

Une réalité s’impose :

  • les adhkār du matin et du soir sont une protection essentielle,
  • leur constance est une cause de sécurité spirituelle,
  • leur abandon expose le croyant, même s’il ne s’en rend pas compte.

Toute routine musulmane authentique commence et se termine donc par ces adhkār, car ils sont le rempart quotidien du croyant.

L’istighfār : clé du soulagement et de la subsistance

L’istighfār (demande de pardon) occupe une place centrale dans la routine du musulman. Il ne s’agit pas uniquement d’un acte lié au péché, mais d’un moyen fondamental de purification du cœur, de levée des difficultés et d’ouverture des portes de la subsistance.

Les textes du Coran, la pratique du Prophète ﷺ et les explications des savants montrent que l’istighfār agit à la fois sur l’état intérieur du serviteur et sur sa réalité extérieure.

L’istighfār dans le Coran : une promesse divine claire

Allah, Exalté soit-Il, rapporte la parole du Prophète Nūḥ ‘alayhi s-salām :

« Demandez pardon à votre Seigneur, car Il est Grand Pardonneur.

Il vous enverra du ciel des pluies abondantes,

Il vous accordera des biens et des enfants,

et Il vous donnera des jardins et des rivières. »

(Coran, Nūḥ, 71:10–12)

Ibn al-Qayyim explique dans Zād al-Maʿād que ce passage établit un lien direct entre l’istighfār et l’amélioration de la situation du serviteur.

Il souligne que ces bienfaits mentionnés ne sont pas uniquement spirituels, mais aussi matériels et concrets.

L’istighfār est une cause légiférée de subsistance, de soulagement et de bénédiction.

L’istighfār comme levier contre les épreuves

Ibn Taymiyyah explique, dans ses écrits sur les maladies du cœur, que les péchés et l’insouciance figurent parmi les causes majeures des difficultés, qu’elles soient psychologiques, spirituelles ou matérielles.

Il précise que l’istighfār :

  • efface les effets du péché sur le cœur,
  • allège le poids des épreuves,
  • ouvre la porte à la miséricorde divine.

Cette réalité rejoint la parole d’Allah, Exalté soit-Il :

« Allah ne les châtiera pas tant que tu es parmi eux, et Allah ne les châtiera pas tant qu’ils demandent pardon. »

(Coran, al-Anfāl, 8:33)

Tant que l’istighfār est présent, le châtiment est repoussé et la miséricorde demeure.

La pratique constante du Prophète ﷺ

Le Prophète ﷺ, bien que préservé du péché, disait :

« Je demande pardon à Allah et je me repens à Lui plus de soixante-dix fois par jour. »

(al-Bukhārī)

Ibn al-Qayyim explique que cette constance prophétique montre que l’istighfār n’est pas réservé aux grands pécheurs, ni limité aux moments de faute manifeste, mais qu’il fait partie de l’adoration quotidienne du croyant.

Le Prophète ﷺ utilisait l’istighfār :

  • pour élever son degré,
  • pour renforcer sa proximité avec Allah,
  • et pour enseigner à sa communauté la valeur de la constance dans le repentir.

L’istighfār comme purification du cœur

Ibn Taymiyyah affirme que le cœur se salit par les péchés comme le corps se salit par la poussière, et que l’istighfār agit comme un nettoyage régulier, une purification continue et une protection contre la dureté du cœur.

Sans istighfār, le cœur s’endurcit, même si la personne accomplit d’autres formes d’adoration.

C’est pourquoi l’istighfār est indissociable du dhikr dans la routine du musulman.

Une clé de subsistance et de facilité

Shaykh ʿAbd ar-Razzāq al-Badr explique, dans Jawāmiʿ al-Adʿiyah an-Nabawiyyah, que beaucoup de croyants cherchent la facilité, la baraka et l’ouverture des portes, sans réaliser que l’une des clés les plus puissantes se trouve dans l’istighfār régulier.

Il rappelle que l’istighfār :

  • attire la miséricorde,
  • éloigne les empêchements,
  • et prépare le cœur à recevoir les bienfaits d’Allah.

Synthèse : une clé majeure de la routine du musulman

Il apparaît clairement que l’istighfār est :

  • une purification du cœur,
  • une cause de soulagement face aux épreuves,
  • une cause de subsistance et de baraka,
  • une clé de proximité avec Allah.

Aucune routine musulmane authentique ne peut donc être complète sans une place quotidienne et constante accordée à l’istighfār.

Comment instaurer la routine du musulman au quotidien ?

Instaurer une routine spirituelle ne signifie pas multiplier les actions jusqu’à l’épuisement. La Sunna nous enseigne au contraire la constance, même dans les œuvres simples.

Une routine efficace est réaliste, régulière et centrée sur le rappel d’Allah, Exalté soit-Il.

Le Prophète ﷺ a dit :

« L’œuvre la plus aimée d’Allah est celle qui est accomplie avec constance, même si elle est peu abondante. »

(al-Bukhārī, Muslim)

La routine du musulman peut ainsi se structurer autour de quatre moments clés.

Le matin : commencer la journée sous la protection d’Allah

Le matin est un moment décisif : c’est là que se posent les intentions, que s’ouvre la journée et que le croyant se place sous la garde d’Allah.

La routine matinale repose principalement sur :

  • les adhkār du matin, récités après la prière du Fajr,
  • le dhikr de gratitude, pour reconnaître les bienfaits reçus,
  • l’intention sincère, orientant toute la journée vers l’obéissance.

Les adhkār du matin constituent un rempart spirituel contre les maux visibles et invisibles. Ils permettent au croyant de confier sa journée à Allah, Exalté soit-Il, avant même de s’engager dans ses occupations.

Le dhikr de gratitude, quant à lui, installe un état d’esprit positif et reconnaissant. Il rappelle que chaque nouvelle journée est un don, et non un dû.

Enfin, l’intention sincère transforme les actes ordinaires (travail, études, responsabilités familiales) en actes d’adoration, lorsqu’ils sont accomplis pour Allah.

La journée : maintenir le lien par le dhikr continu

La vie quotidienne expose le croyant à l’oubli, à la distraction et à la fatigue spirituelle. C’est pourquoi la Sunna encourage le dhikr continu, tout au long de la journée.

Ce dhikr se manifeste notamment par des formules courtes et répétées, l’istighfār fréquent et la salāt sur le Prophète ﷺ.

Le dhikr continu ne demande ni isolement ni disponibilité particulière. Il peut être pratiqué en marchant, en travaillant, en attendant ou dans les moments de silence.

L’istighfār fréquent permet de nettoyer le cœur en continu, en effaçant les traces de négligence et les manquements involontaires.

Quant à la salāt sur le Prophète ﷺ, elle renforce l’amour du Messager d’Allah, élève le croyant en degrés et apporte une immense récompense.

Ainsi, même au cœur des occupations, le lien avec Allah n’est jamais rompu.

Après les prières : consolider la relation avec Allah

Les prières obligatoires sont les piliers de la journée du musulman. Les moments qui les suivent sont particulièrement propices au dhikr.

La routine après les prières repose sur :

  • les adhkār après la salāt,
  • le tasbīḥ (glorification),
  • le taḥmīd (louange),
  • et le takbīr (exaltation d’Allah).

Ces adhkār permettent de :

  • compléter la prière,
  • réparer les éventuelles imperfections,
  • prolonger la présence du cœur après l’adoration.

Ils constituent également une protection entre deux prières, maintenant le croyant dans un état de rappel et de vigilance spirituelle.

Le soir et avant de dormir : clôturer la journée dans le rappel

La fin de la journée est un moment de vulnérabilité. La fatigue s’installe, l’esprit se relâche, et Shayṭān redouble d’efforts.

La routine du soir comprend :

  • les adhkār du soir,
  • la roqya, par la récitation des sourates de protection,
  • la remise totale à Allah, Exalté soit-Il, avant le sommeil.

Les adhkār du soir permettent de confier la nuit à Allah, de se protéger contre les dangers invisibles et de fermer la journée comme elle a commencé : par le rappel.

Avant de dormir, le croyant s’en remet entièrement à Allah, conscient que le sommeil est une forme de dépôt de l’âme entre Ses mains.

Ainsi, la journée du musulman commence et se termine dans le dhikr, formant un cercle de protection et de sérénité.

Erreurs fréquentes à éviter

Malgré la simplicité de cette routine, certaines erreurs peuvent en diminuer les bienfaits.

Délaisser la constance

L’enthousiasme initial peut conduire à une pratique intense mais brève. Or, la constance est plus aimée qu’une pratique abondante mais abandonnée.

Réciter mécaniquement sans présence du cœur

Le dhikr n’est pas une récitation automatique. Sans attention ni compréhension, il perd une grande partie de son effet sur le cœur.

Limiter le dhikr aux moments de difficulté

Le rappel d’Allah ne doit pas être réservé aux périodes de détresse. Il est une protection avant l’épreuve, et non uniquement un refuge après.

Croire que peu de dhikr suffit sans régularité

Un dhikr occasionnel est bénéfique, mais la véritable transformation du cœur nécessite la répétition et la régularité.

Conclusion

La routine du musulman n’est ni lourde ni inaccessible. Elle repose sur des moments précis, des actes simples et une intention sincère.

Celui qui structure sa journée autour du dhikr, des adhkār et de l’istighfār vit sous la protection d’Allah, Exalté soit-Il, et avance dans la vie avec sérénité, clarté et confiance.

FAQ – Questions fréquentes sur le dhikr, les adhkār et l’istighfār

1) Quelle est la différence entre dhikr et adhkār ?

Le dhikr est le rappel d’Allah en général (Coran, tasbīḥ, louange, istighfār, etc.).

Les adhkār sont des formules précises enseignées par le Prophète ﷺ, souvent liées à des moments spécifiques (matin, soir, après la prière, avant de dormir).

2) Quand faire les adhkār du matin ?

Le moment idéal est après la prière du Fajr jusqu’au lever du soleil.

Ils restent autorisés jusqu’à la prière du Ẓuhr (si on a été retardé ou qu’on les a manqués).

3) Quand commencer les adhkār du soir ?

Ils peuvent commencer à partir de la prière du ‘Aṣr, et le moment idéal est après Maghrib.

Le but est de clôturer la journée en se plaçant sous la protection d’Allah.

4) Est-ce grave si j’oublie les adhkār du matin ou du soir ?

Ce n’est pas un péché en soi, mais tu perds un grand bien et une protection.

Le plus important est de reprendre la routine dès que possible et de rechercher la constance.

5) Peut-on faire le dhikr sans concentration ?

Le dhikr reste une bonne action, mais son effet sur le cœur est plus fort avec présence du cœur, compréhension et sincérité.

L’objectif est de progresser : commencer même simplement, puis améliorer la qualité.

6) Combien de fois faut-il faire l’istighfār par jour ?

Il n’y a pas de quota obligatoire, mais le Prophète ﷺ demandait pardon très fréquemment (plus de 70 fois par jour selon un hadith authentique).

Le meilleur est d’être régulier, même avec peu.

7) Quel est le meilleur dhikr pour se protéger au quotidien ?

Parmi les plus connus : les adhkār du matin et du soir, Āyat al-Kursī, et les sourates de protection (al-Ikhlāṣ, al-Falaq, an-Nās) selon la Sunna.

Le plus “puissant” est celui que tu fais avec constance.

8) Est-ce que le dhikr remplace les causes (travail, traitement, effort) ?

Non. Le musulman combine les causes licites et le tawakkul.

Le dhikr renforce le cœur, mais n’annule pas la responsabilité d’agir.

9) Quelle est la meilleure routine simple pour débuter ?

Une routine réaliste :

  • adhkār du matin après Fajr,
  • adhkār après chaque prière (tasbīḥ, taḥmīd, takbīr),
  • adhkār du soir,
  • invocations avant de dormir. Même si tu commences petit, l’essentiel est la constance.

10) Le dhikr “langue humide”, c’est quoi ?

C’est l’idée d’avoir une langue souvent occupée par le rappel d’Allah, sans moment précis : tasbīḥ, istighfār, louange, salāt sur le Prophète ﷺ, etc.

Ce n’est pas une seule formule, mais un état de constance.

Conclusion : le dhikr, cœur vivant de la foi

La routine du musulman ne repose pas sur l’accumulation d’actions, mais sur la constance dans le rappel d’Allah, Exalté soit-Il. Ce n’est pas la quantité qui transforme le cœur, mais la régularité, la sincérité et la présence du cœur.

Le dhikr, les adhkār et l’istighfār ne sont pas des pratiques secondaires : ils sont le cœur vivant de la foi, la source de la tranquillité intérieure et le lien permanent entre le serviteur et son Seigneur.

Ils constituent :

  • une protection quotidienne contre le mal et l’insouciance,
  • une source de paix et de stabilité du cœur,
  • un chemin direct vers la proximité d’Allah.

Le Prophète ﷺ a résumé cette réalité en une parole claire et englobante :

« L’invocation est l’adoration. »

(at-Tirmidhī)

Commencer dès aujourd’hui, même avec peu, mais avec constance, suffit pour transformer une vie.

Car celui qui s’attache au rappel d’Allah voit son cœur s’illuminer, ses épreuves s’alléger et sa foi se renforcer, jour après jour.

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