La Ghunna est une notion essentielle du Tajwid. Elle désigne une nasalisation liée principalement aux lettres ن et م. Pour réciter le Coran correctement, il ne suffit pas de connaître les lettres arabes : il faut aussi apprendre à produire certains sons avec précision, notamment les sons qui sortent de la cavité nasale.
La Ghunna apparaît dans plusieurs règles de récitation : avec le Noun et le Mim portant une chadda, dans certains cas d’Idgham, dans l’Ikhfa, dans l’Iqlab et dans certaines règles du Mim Sakina. Cet article se concentre sur la Ghunna elle-même, sa définition, son rôle et les erreurs à éviter.
Pour les règles spécifiques du Mim Sakina, vous pouvez consulter notre article dédié : Règles du Mim Sakina en Tajwid.
Qu’est-ce que la Ghunna en Tajwid ?
La Ghunna, appelée غُنَّة en arabe, est un son nasal qui sort de la cavité nasale, appelée خَيْشُوم. Elle ne sort pas uniquement de la bouche, de la langue ou des lèvres. Son origine sonore vient du nez.
La Ghunna concerne principalement les lettres ن et م. Lorsqu’elle est obligatoire, elle doit être entendue clairement, sans être supprimée ni exagérée.
Pourquoi la Ghunna est-elle importante ?
La Ghunna donne à la récitation une précision particulière. Si elle est oubliée, certaines règles de Tajwid ne sont pas appliquées correctement. Si elle est trop prolongée, la récitation devient lourde et artificielle.
L’objectif est donc de trouver un équilibre : faire entendre la nasalisation quand elle est demandée, respecter sa durée, puis passer naturellement à la lettre suivante.
La théorie permet de comprendre la règle, mais l’application demande une correction orale. C’est pourquoi les cours de Tajwid en ligne sont utiles pour entendre, répéter et corriger la récitation avec un professeur.
La Ghunna avec le Noun portant une chadda
Lorsqu’un Noun porte une chadda, il doit être prononcé avec une Ghunna claire. La chadda indique un redoublement de la lettre. On peut comprendre le Noun avec chadda comme la réunion de deux Noun :
- un premier Noun portant un soukoune ;
- un second Noun portant une voyelle.
Exemple :
قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ
Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes. » (114:1)
Dans النَّاسِ, le Noun porte une chadda. La Ghunna doit être prononcée sans être réduite ni exagérée.
La Ghunna avec le Mim portant une chadda
Le Mim avec chadda suit le même principe. Il est composé de deux Mim fusionnés : un premier Mim sakina et un second Mim voyellé. Cette fusion doit être accompagnée d’une Ghunna.
Exemple :
وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلِهِ الرُّسُلُ
Muhammad n’est qu’un Messager ; des messagers sont passés avant lui. (3:144)
Dans les mots contenant un Mim avec chadda, la nasalisation doit être claire, mais naturelle.
La Ghunna dans l’Idgham
La Ghunna apparaît aussi dans certains cas d’Idgham, notamment lorsque le Noun Sakina ou le Tanwin est suivi de l’une des lettres de يَنْمُو : ي ن م و.
Exemple :
وَمَا أَنزَلَ اللَّـهُ مِنَ السَّمَاءِ مِن مَّاءٍ فَأَحْيَا بِهِ الْأَرْضَ
Et ce qu’Allah a fait descendre du ciel comme eau. (2:164)
Pour approfondir cette règle, consultez notre guide complet : Idgham en Tajwid : assimilation avec ou sans Ghunna.
La Ghunna dans l’Ikhfa
Dans l’Ikhfa, le son du Noun Sakina ou du Tanwin n’est ni totalement clair ni totalement assimilé. Il est dissimulé avec une Ghunna.
Exemple :
إِنَّا أَنزَلْنَاهُ فِي لَيْلَةِ الْقَدْرِ
Nous l’avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin. (97:1)
Combien de temps dure la Ghunna ?
Dans l’apprentissage courant du Tajwid, on enseigne souvent que la Ghunna dure deux temps dans les cas principaux, notamment avec le Noun et le Mim portant une chadda.
Cette indication est utile pour les débutants, mais la durée doit rester naturelle. Elle peut varier légèrement selon la vitesse de récitation et la transmission étudiée. L’essentiel est de ne pas supprimer la Ghunna et de ne pas l’allonger excessivement.
Erreurs fréquentes avec la Ghunna
- Oublier la Ghunna du Noun ou du Mim avec chadda.
- Prolonger la nasalisation de manière excessive.
- Faire une Ghunna trop courte.
- Ajouter une nasalisation là où elle n’est pas demandée.
- Confondre Idgham avec Ghunna et Idgham sans Ghunna.
- Lire la règle théoriquement sans correction orale.
Comment apprendre la Ghunna correctement ?
Pour apprendre la Ghunna, il faut écouter, répéter et réciter devant un enseignant. Le professeur peut corriger la durée, la qualité du son nasal et l’application dans les versets.
Une progression simple consiste à :
- identifier les lettres ن et م ;
- repérer les cas de chadda ;
- écouter des exemples récités correctement ;
- répéter lentement ;
- corriger sa récitation avec un professeur.
Pour progresser avec méthode, vous pouvez suivre nos cours de Tajwid en ligne ou nos cours de Coran en ligne.
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FAQ — La Ghunna en Tajwid
Qu’est-ce que la Ghunna ?
La Ghunna est une nasalisation qui sort de la cavité nasale. Elle concerne principalement les lettres Noun et Mim.
Quand faut-il faire une Ghunna ?
Elle apparaît notamment avec le Noun et le Mim avec chadda, dans l’Idgham avec Ghunna, l’Ikhfa, l’Iqlab et certaines règles du Mim Sakina.
La Ghunna dure-t-elle toujours deux temps ?
On enseigne souvent deux temps aux débutants. En pratique, il faut respecter l’enseignement du professeur et éviter l’exagération.
Conclusion
La Ghunna est une règle fondamentale du Tajwid. Elle permet de réciter le Coran avec précision, surtout dans les cas liés au Noun, au Mim, à la chadda, à l’Idgham et à l’Ikhfa.
Pour bien l’appliquer, il faut éviter deux excès : la supprimer ou l’exagérer. Avec de l’écoute, de la répétition et l’aide d’un professeur qualifié, l’élève peut améliorer sa récitation et avancer avec plus de précision dans le Tajwid.
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