Après avoir terminé une prière obligatoire, le musulman peut prolonger ce moment d'adoration par plusieurs adhkār et invocations authentiquement rapportés. Parmi les plus connus figurent la demande de pardon trois fois, la formule Allāhumma anta-s-Salām, puis le tasbīḥ, le taḥmīd et le takbīr.
Il n'existe donc pas une seule « doua après la prière », mais plusieurs formules transmises dans la Sunna. Certaines sont très courtes et peuvent être mémorisées rapidement. D'autres permettent d'enrichir progressivement sa routine après les cinq prières obligatoires.
L'essentiel est de distinguer les formules réellement rapportées du Prophète ﷺ des habitudes personnelles, et de ne pas considérer une longue liste comme une obligation. Voici les principaux adhkār à connaître, avec leur texte arabe, leur prononciation et leur sens.
Que dire juste après avoir terminé la prière ?
Après le salut final de la prière, le Prophète ﷺ demandait pardon à Allah trois fois puis récitait une formule mentionnant la paix d'Allah. Ce dhikr est rapporté d'après Thawbān dans Sahih Muslim 591.
On commence donc par dire trois fois :
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ
Phonétique : Astaghfirullāh.
Traduction : Je demande pardon à Allah.
Puis :
اللَّهُمَّ أَنْتَ السَّلَامُ وَمِنْكَ السَّلَامُ تَبَارَكْتَ ذَا الْجَلَالِ وَالْإِكْرَامِ
Phonétique : Allāhumma anta-s-Salāmu wa minka-s-Salām, tabārakta dhā-l-jalāli wa-l-ikrām.
Traduction : Ô Allah, Tu es la Paix et de Toi vient la paix. Béni sois-Tu, ô Détenteur de la majesté et de la générosité.
Le fait de commencer par l'istighfār peut surprendre après avoir accompli un acte d'adoration. Pourtant, cette pratique est directement attestée dans la Sunna : même après la salāt, le croyant reconnaît ses imperfections et demande pardon à Allah.
Pourquoi dire Astaghfirullah trois fois après la prière ?
Dire Astaghfirullāh trois fois juste après la prière n'est pas une pratique inventée pour compléter arbitrairement la salāt. Sahih Muslim rapporte explicitement que le Messager d'Allah ﷺ demandait pardon trois fois lorsqu'il avait terminé sa prière.
Cette demande de pardon rappelle une réalité importante : accomplir une adoration ne signifie pas nécessairement l'avoir réalisée parfaitement. La concentration peut diminuer, des pensées peuvent distraire le fidèle et certaines insuffisances peuvent affecter la qualité de la prière.
L'istighfār marque ainsi une attitude d'humilité : le croyant adore Allah tout en reconnaissant qu'il a toujours besoin de Son pardon.
Le dhikr Subhanallah, Alhamdulillah et Allahu Akbar après la prière
Parmi les adhkār après la prière les mieux établis figure la récitation de Subḥānallāh, Al-ḥamdu lillāh et Allāhu akbar.
D'après Abu Hurayra, le Prophète ﷺ a enseigné de dire après chaque prière :
- Subḥānallāh : 33 fois ;
- Al-ḥamdu lillāh : 33 fois ;
- Allāhu akbar : 33 fois.
Cela représente 99 formules. Le centième dhikr est :
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Phonétique : Lā ilāha illa-Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu-l-mulku wa lahu-l-ḥamd, wa huwa ʿalā kulli shay'in qadīr.
Traduction : Il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah, Seul, sans associé. À Lui appartient la royauté, à Lui revient la louange et Il est capable de toute chose.
Cette forme est rapportée dans Sahih Muslim 597a.
Que signifient Subhanallah, Alhamdulillah et Allahu Akbar ?
Ces trois expressions sont courtes, mais leur sens est central dans le dhikr musulman.
Subḥānallāh — سُبْحَانَ اللَّهِ exprime la glorification d'Allah et Son exemption de toute imperfection.
Al-ḥamdu lillāh — الْحَمْدُ لِلَّهِ signifie que la louange revient à Allah.
Allāhu akbar — اللَّهُ أَكْبَرُ affirme la grandeur d'Allah.
Réciter ces paroles en comprenant leur signification permet d'éviter que le dhikr ne devienne un simple comptage mécanique. Il est préférable de prononcer moins vite et avec attention que de chercher uniquement à terminer une série de répétitions.
Quelle invocation demander à Allah pour mieux L'adorer ?
Une invocation particulièrement importante a été enseignée par le Prophète ﷺ à Muʿādh ibn Jabal :
اللَّهُمَّ أَعِنِّي عَلَى ذِكْرِكَ وَشُكْرِكَ وَحُسْنِ عِبَادَتِكَ
Phonétique : Allāhumma aʿinnī ʿalā dhikrika wa shukrika wa ḥusni ʿibādatik.
Traduction : Ô Allah, aide-moi à T'évoquer, à Te remercier et à T'adorer de la meilleure manière.
Dans Sunan Abi Dawud 1522, le Prophète ﷺ recommande à Muʿādh de ne pas délaisser cette invocation à la suite de chaque prière.
Elle mérite une attention particulière, car elle ne demande pas seulement un bien matériel ou la disparition d'une difficulté. Le croyant demande directement à Allah de l'aider à améliorer trois dimensions de sa relation avec Lui : le rappel, la gratitude et l'adoration.
Peut-on réciter Ayat al-Kursi après chaque prière ?
La récitation d'Ayat al-Kursī, le verset 255 de la sourate Al-Baqara, après les prières obligatoires est également rapportée dans les sources du hadith.
اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ...
Un hadith rapporté d'après Abu Umāma indique que celui qui récite Ayat al-Kursī après chaque prière obligatoire n'est séparé de l'entrée au Paradis que par la mort. Ce récit est notamment attribué à An-Nasā'ī et a été authentifié par plusieurs spécialistes du hadith.
Il est utile de conserver ici une certaine précision : ce récit n'appartient pas à Sahih al-Bukhari ou Sahih Muslim. Son authenticité a été évaluée par les spécialistes du hadith. Il ne faut donc pas lui attribuer une source différente de celle qui est réellement rapportée.
Pour une personne qui connaît déjà Ayat al-Kursī, son intégration aux adhkār après les prières obligatoires est simple. Pour un débutant, il est préférable de commencer par les formules les plus courtes avant de mémoriser progressivement le verset complet.
Quelles sourates réciter après la prière ?
Il est également rapporté que le Prophète ﷺ ordonna à ʿUqba ibn ʿĀmir de réciter les Muʿawwidhāt après chaque prière. Ce récit figure notamment dans Sunan Abi Dawud 1523.
Il s'agit des sourates de protection situées à la fin du Coran :
- Al-Ikhlāṣ — sourate 112 ;
- Al-Falaq — sourate 113 ;
- An-Nās — sourate 114.
Ces sourates sont courtes et peuvent être progressivement intégrées à la routine de dhikr après la salāt.
Pour les personnes qui apprennent encore leur récitation, travailler la prononciation et la lecture du Coran permet d'éviter de dépendre durablement de la transcription phonétique.
Dans quel ordre faire les adhkār après la prière ?
Pour une personne qui souhaite une routine simple et facile à retenir, on peut organiser les principaux adhkār de la manière suivante :
- dire Astaghfirullāh trois fois ;
- réciter Allāhumma anta-s-Salāmu wa minka-s-Salām... ;
- prononcer les autres formules de dhikr rapportées après la prière ;
- réciter Subḥānallāh 33 fois ;
- réciter Al-ḥamdu lillāh 33 fois ;
- réciter Allāhu akbar 33 fois ;
- compléter par Lā ilāha illa-Llāhu waḥdahu lā sharīka lah... ;
- réciter les autres adhkār connus, notamment Ayat al-Kursī et les sourates de protection.
Cette présentation constitue une aide à la mémorisation. Les textes prophétiques rapportent plusieurs formules et variantes ; il ne faut donc pas transformer une fiche pratique en un rituel supplémentaire considéré comme obligatoire dans tous ses détails.
Doua et dhikr après la prière : quelle différence ?
Dans le langage courant, l'expression « doua après la prière » désigne souvent tout ce que l'on récite après le salām. Pourtant, dhikr et duʿā ne désignent pas exactement la même chose.
Le dhikr correspond au rappel d'Allah : Subḥānallāh, Al-ḥamdu lillāh, Allāhu akbar, Astaghfirullāh ou encore le tahlīl en sont des exemples.
La duʿā est plus spécifiquement une invocation adressée à Allah dans laquelle le croyant Lui demande quelque chose : pardon, guidance, protection, facilité ou tout autre bien licite.
Allāhumma aʿinnī ʿalā dhikrika... est donc véritablement une invocation, tandis que les séries de Subḥānallāh et Al-ḥamdu lillāh relèvent du dhikr.
Cette distinction aide à comprendre pourquoi l'expression SEO « doua après la prière » recouvre en réalité un ensemble plus large d'adhkār après la salāt.
Peut-on faire une doua personnelle après la prière ?
Le musulman peut invoquer Allah et Lui adresser ses demandes licites. Cependant, il faut distinguer la duʿā personnelle des adhkār spécifiquement transmis après les prières obligatoires.
Il ne serait pas rigoureux de présenter comme formule prophétique obligatoire une invocation personnelle que chacun aurait l'habitude de réciter après chaque salāt.
Par ailleurs, plusieurs moments à l'intérieur même de la prière sont également associés à l'invocation, notamment la prosternation. Sahih Muslim rapporte que le serviteur est particulièrement proche de son Seigneur lorsqu'il est prosterné.
Al-Dirassa consacre un guide distinct aux invocations en prosternation pendant la prière. Cette distinction évite de confondre les douas récitées pendant la salāt avec les adhkār qui suivent le salut final.
Faut-il faire les adhkār après toutes les prières ?
Les textes cités parlent notamment des adhkār qui suivent les prières prescrites ou obligatoires. Ils concernent donc particulièrement les cinq prières quotidiennes : Fajr, Dhuhr, ʿAsr, Maghrib et ʿIshā'.
Lorsqu'on construit sa routine, le plus simple est de rattacher automatiquement ces adhkār au salām final. Cette association facilite considérablement la mémorisation : la fin de chaque prière devient le signal qui déclenche le dhikr.
Avec cinq répétitions quotidiennes, les principales formules finissent généralement par être retenues naturellement.
Comment apprendre les invocations après la prière sans se décourager ?
Il n'est pas nécessaire de mémoriser toutes les formules dès le premier jour. Pour un débutant, une progression en plusieurs étapes est beaucoup plus réaliste.
On peut commencer pendant quelques jours par :
Astaghfirullāh × 3, puis Allāhumma anta-s-Salām...
Une fois ces formules acquises, ajouter :
Subḥānallāh × 33, Al-ḥamdu lillāh × 33 et Allāhu akbar × 33.
Puis apprendre progressivement le tahlīl qui complète la centaine, l'invocation Allāhumma aʿinnī..., Ayat al-Kursī et les sourates de protection.
Cette méthode est plus solide que l'utilisation permanente d'une fiche contenant dix textes récités sans réellement les connaître. L'objectif est que les adhkār deviennent progressivement autonomes et naturels.
Une fiche simple des invocations après la prière
| Dhikr ou invocation | Nombre | Moment |
|---|---|---|
| أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ — Astaghfirullāh | 3 fois | Juste après la prière |
| اللَّهُمَّ أَنْتَ السَّلَامُ وَمِنْكَ السَّلَامُ... | 1 fois | Après l'istighfār |
| سُبْحَانَ اللَّهِ — Subḥānallāh | 33 fois | Après la prière obligatoire |
| الْحَمْدُ لِلَّهِ — Al-ḥamdu lillāh | 33 fois | Après la prière obligatoire |
| اللَّهُ أَكْبَرُ — Allāhu akbar | 33 fois | Après la prière obligatoire |
| لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ... | 1 fois | Pour compléter les 100 |
| اللَّهُمَّ أَعِنِّي عَلَى ذِكْرِكَ... | 1 fois | Après la prière |
Faire du dhikr après la prière une habitude durable
La difficulté principale n'est généralement pas de connaître les mots, mais de conserver la régularité. Le meilleur repère existe déjà : les cinq prières structurent naturellement la journée.
Le dhikr après la salāt peut donc constituer l'un des piliers d'une routine quotidienne de dhikr, d'adhkār et d'istighfār. Une fois cette pratique installée, les invocations du matin, du soir, des repas ou du coucher peuvent être ajoutées progressivement.
Pour élargir cet apprentissage, le guide consacré aux invocations quotidiennes en Islam permet de retrouver les principales douas associées aux différents moments de la journée.
Comprendre les règles de la prière et du dhikr
Mémoriser une liste d'adhkār est utile, mais comprendre leur source et leur place dans la pratique religieuse permet d'éviter deux erreurs opposées : délaisser des formules authentiquement transmises ou, à l'inverse, considérer comme obligatoires des pratiques qui ne le sont pas.
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FAQ sur les douas après la prière
Quelle est la première invocation à dire après la prière ?
Il est rapporté dans Sahih Muslim 591 que le Prophète ﷺ demandait pardon trois fois après avoir terminé sa prière puis disait : Allāhumma anta-s-Salāmu wa minka-s-Salām, tabārakta dhā-l-jalāli wa-l-ikrām.
Combien de fois faut-il dire Subhanallah après la prière ?
Une formule authentiquement rapportée consiste à dire Subḥānallāh 33 fois, Al-ḥamdu lillāh 33 fois et Allāhu akbar 33 fois, puis à compléter la centaine par Lā ilāha illa-Llāhu waḥdahu lā sharīka lah.... Cette forme est rapportée dans Sahih Muslim 597a.
Quelle doua demander pour mieux adorer Allah ?
Le Prophète ﷺ a recommandé à Muʿādh ibn Jabal de dire : Allāhumma aʿinnī ʿalā dhikrika wa shukrika wa ḥusni ʿibādatik, c'est-à-dire : « Ô Allah, aide-moi à T'évoquer, à Te remercier et à T'adorer de la meilleure manière. »
Peut-on réciter Ayat al-Kursi après chaque salat ?
Oui, la récitation d'Ayat al-Kursī après les prières obligatoires est rapportée dans un hadith d'Abu Umāma transmis notamment par An-Nasā'ī et authentifié par des spécialistes du hadith.
Peut-on faire une doua personnelle après la prière ?
Le croyant peut invoquer Allah pour ses besoins licites. Il convient toutefois de distinguer ses invocations personnelles des adhkār précis transmis du Prophète ﷺ après les prières obligatoires.
Les adhkār après la prière sont-ils obligatoires ?
Les formules présentées ici font partie des adhkār prescrits et recommandés après la prière. Il ne faut pas les présenter comme une condition de validité de la salāt ni comme une partie obligatoire de la prière elle-même.
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