Avant de réciter le Coran, le musulman ne commence pas sa lecture comme il commencerait un texte ordinaire. La récitation du Coran est un acte d’adoration qui demande respect, concentration, sincérité et attention.
Parmi les premières notions que l’apprenant rencontre dans les règles de récitation figurent l’isti‘adha, c’est-à-dire la recherche de protection auprès d’Allah, et la basmala, c’est-à-dire la formule “Bismi-Llahi r-Rahmani r-Rahim”.
Ces deux formules sont souvent étudiées ensemble, car elles concernent le début de la lecture du Coran. Elles ont cependant des sens différents et des règles d’usage particulières, notamment lorsqu’on commence une sourate ou lorsqu’on relie deux sourates dans la récitation.
Dans cet article, nous allons voir ce que sont l’isti‘adha et la basmala, quand les réciter, comment les comprendre, quelles sont les règles liées au début de la récitation et comment les appliquer progressivement dans l’apprentissage du Coran.
Pourquoi apprendre les règles du début de la récitation ?
Apprendre à réciter le Coran ne consiste pas seulement à connaître les lettres arabes ou les règles de Tajwid. Il faut aussi connaître certaines bienséances et règles liées à la manière de commencer et d’organiser sa lecture.
L’isti‘adha et la basmala font partie de ces notions importantes. Elles rappellent au lecteur que le Coran est la Parole d’Allah et que sa récitation doit être abordée avec humilité, protection, concentration et respect.
Pour un débutant, ces règles permettent aussi de comprendre que la récitation coranique repose sur une transmission précise. On apprend quoi dire, quand le dire et comment relier les formules au début ou entre les sourates.
Qu’est-ce que l’isti‘adha ?
L’isti‘adha signifie chercher refuge et protection auprès d’Allah. Dans le contexte de la récitation du Coran, elle consiste à demander à Allah de nous protéger contre Satan avant de lire Sa parole.
La formule la plus connue est :
أَعُوذُ بِاللّٰهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
Elle se transcrit généralement ainsi :
A‘udhu billahi min ash-shaytan ir-rajim.
En français, elle signifie :
Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le maudit.
Cette formule est courte, mais son sens est profond. Le croyant reconnaît sa faiblesse, son besoin d’Allah et la nécessité de se protéger contre les insufflations, la distraction, l’orgueil et l’inattention.
Le fondement de l’isti‘adha avant la lecture du Coran
L’isti‘adha est liée au verset dans lequel Allah dit :
فَإِذَا قَرَأْتَ الْقُرْآنَ فَاسْتَعِذْ بِاللّٰهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
Ce qui signifie :
“Lorsque tu lis le Coran, recherche la protection d’Allah contre Satan le banni.”
Ce verset montre que la récitation du Coran doit commencer par une demande de protection. Le lecteur ne s’appuie pas seulement sur sa mémoire, sa voix ou sa connaissance. Il se tourne d’abord vers Allah.
Que signifie A‘udhu billahi min ash-shaytan ir-rajim ?
Chaque partie de la formule porte un sens important :
- أَعُوذُ signifie : je cherche refuge, je demande protection.
- بِاللّٰهِ signifie : auprès d’Allah, par Allah.
- مِنَ الشَّيْطَانِ signifie : contre Satan.
- الرَّجِيمِ signifie : le maudit, le rejeté, l’éloigné de la miséricorde d’Allah.
Comprendre cette formule aide l’élève à ne pas la réciter mécaniquement. L’isti‘adha devient alors un acte d’humilité et de conscience avant d’entrer dans la récitation du Coran.
Quand réciter l’isti‘adha ?
Le moment le plus connu pour réciter l’isti‘adha est avant la lecture ou la récitation du Coran. Elle prépare le cœur et la langue à aborder les paroles d’Allah avec respect et concentration.
Lorsqu’une personne lit seule, elle peut la réciter à voix basse ou à voix haute. Dans une récitation en groupe, le premier lecteur peut la prononcer à voix haute, tandis que les autres la disent plus discrètement avant leur propre récitation.
Le musulman peut aussi chercher refuge auprès d’Allah dans d’autres situations : lorsqu’il ressent une tentation, une peur, une colère, une faiblesse ou des insufflations nuisibles. Cependant, dans cet article, nous nous concentrons surtout sur son usage au début de la récitation du Coran.
Qu’est-ce que la basmala ?
La basmala correspond à la formule :
بِسْمِ اللّٰهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ
Elle se transcrit généralement ainsi :
Bismi-Llahi r-Rahmani r-Rahim.
En français, elle signifie :
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
La basmala est une formule de commencement. Elle exprime que le croyant commence sa lecture au nom d’Allah, en recherchant Sa bénédiction, Son aide et Sa miséricorde.
Quelle différence entre l’isti‘adha et la basmala ?
L’isti‘adha et la basmala sont deux formules importantes, mais elles n’ont pas le même sens.
L’isti‘adha consiste à chercher refuge auprès d’Allah contre Satan. Elle prépare le lecteur en le protégeant contre les distractions et les insufflations.
La basmala consiste à commencer au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Elle ouvre la lecture avec rappel, bénédiction et confiance en Allah.
On peut donc résumer ainsi :
- l’isti‘adha est une demande de protection ;
- la basmala est une formule de commencement au nom d’Allah.
Quand réciter la basmala dans le Coran ?
La basmala est récitée au début des sourates, sauf pour la sourate At-Tawbah, qui ne commence pas par la basmala dans le Mushaf.
Lorsqu’un lecteur commence une sourate depuis son début, il récite généralement l’isti‘adha, puis la basmala, puis le début de la sourate.
S’il commence au milieu d’une sourate, il récite l’isti‘adha. Il peut ensuite réciter ou non la basmala selon le contexte de sa lecture et l’enseignement reçu.
Concernant la sourate Al-Fatiha, il existe des détails juridiques selon les écoles. Dans l’école shafi‘ite, la basmala est notamment considérée comme faisant partie intégrante de la sourate Al-Fatiha. Pour les détails de jurisprudence, il est préférable de se référer à des enseignants qualifiés.
Pourquoi la sourate At-Tawbah ne commence-t-elle pas par la basmala ?
La sourate At-Tawbah, aussi appelée Le Repentir, est la seule sourate du Coran qui ne débute pas par la basmala dans le Mushaf.
Lorsqu’on commence la sourate At-Tawbah depuis son début, on ne récite donc pas la basmala avant son premier verset. Le lecteur peut réciter l’isti‘adha avant de commencer, mais il ne place pas la basmala au début de cette sourate.
Cette particularité est importante dans l’apprentissage des règles du début de la récitation, car elle montre que la basmala n’est pas utilisée de manière identique dans tous les cas.
Comment commencer la récitation d’une sourate ?
Lorsqu’on commence une sourate depuis son début, l’ordre le plus connu est :
- réciter l’isti‘adha ;
- réciter la basmala ;
- commencer la sourate.
Par exemple, avant de commencer une sourate, le lecteur dit :
أَعُوذُ بِاللّٰهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
Puis :
بِسْمِ اللّٰهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ
Puis il récite le premier verset de la sourate.
Cette structure aide le débutant à organiser sa récitation et à éviter la confusion entre les formules.
Les règles de la basmala entre deux sourates
Lorsque le lecteur termine une sourate et commence la suivante, plusieurs manières de relier la fin de la première sourate, la basmala et le début de la sourate suivante sont connues dans l’apprentissage de la récitation.
1. La séparation complète
La séparation complète consiste à s’arrêter à la fin de la première sourate, puis à réciter la basmala séparément, puis à marquer une pause avant de commencer la sourate suivante.
Dans ce cas, la fin de la sourate, la basmala et le début de la sourate suivante sont séparés par des pauses.
2. La séparation partielle
La séparation partielle consiste à s’arrêter à la fin de la première sourate, puis à relier la basmala au premier verset de la sourate suivante.
Cette manière est très utile à connaître, car elle montre que la basmala peut être liée au début de la sourate suivante après une pause à la fin de la sourate précédente.
3. La liaison complète
La liaison complète consiste à relier la fin de la première sourate à la basmala, puis à relier la basmala au début de la sourate suivante, sans pause.
Cette lecture demande davantage de maîtrise, car le lecteur doit garder une récitation fluide tout en respectant la clarté des mots.
La liaison à éviter
Il existe une forme à éviter : relier la fin d’une sourate à la basmala suivante, puis s’arrêter sur la basmala avant de commencer la sourate suivante.
Cette manière est déconseillée, car elle peut donner l’impression que la basmala appartient à la fin de la sourate précédente au lieu d’introduire la sourate suivante.
Le cas particulier entre Al-Anfal et At-Tawbah
La sourate At-Tawbah ne commence pas par la basmala. Pour cette raison, les règles de liaison entre la sourate Al-Anfal et la sourate At-Tawbah sont particulières.
Le lecteur peut notamment s’arrêter à la fin de la sourate Al-Anfal, puis commencer At-Tawbah sans basmala. Il peut aussi relier directement la fin d’Al-Anfal au début d’At-Tawbah selon les règles étudiées avec son professeur.
La liaison partielle avec basmala n’est pas possible dans ce cas, car il n’y a pas de basmala au début de la sourate At-Tawbah.
Isti‘adha, basmala et Tajwid : quel lien ?
L’isti‘adha et la basmala ne sont pas des règles de Tajwid au même sens que la Madd, la ghunnah ou les makharij. Elles relèvent plutôt des règles et bienséances du début de la récitation.
Mais elles sont souvent étudiées dans les cours de récitation et de Tajwid, car elles indiquent comment commencer correctement la lecture du Coran et comment relier les sourates entre elles.
Un élève qui apprend le Tajwid doit donc connaître ces formules, leur sens et leur place dans la récitation, même si leur apprentissage ne remplace pas l’étude des règles de prononciation.
Erreurs fréquentes à éviter
Les débutants peuvent commettre plusieurs erreurs lorsqu’ils apprennent l’isti‘adha et la basmala.
- Confondre le sens de l’isti‘adha et de la basmala.
- Réciter la basmala au début de la sourate At-Tawbah.
- Oublier l’isti‘adha avant de commencer la lecture du Coran.
- Relier la fin d’une sourate à la basmala suivante puis s’arrêter.
- Prononcer les formules sans en comprendre le sens.
- Réciter trop rapidement sans articuler correctement les lettres.
- Dépendre uniquement de la transcription phonétique.
Ces erreurs se corrigent avec l’écoute, la répétition, l’étude progressive des règles et la récitation devant une personne compétente.
Comment apprendre ces règles efficacement ?
Pour apprendre l’isti‘adha, la basmala et les règles du début de la récitation, il est utile de suivre une méthode simple :
- mémoriser les deux formules en arabe ;
- comprendre leur sens en français ;
- écouter leur prononciation correcte ;
- les réciter lentement ;
- apprendre quand les utiliser ;
- s’entraîner à commencer différentes sourates ;
- étudier les règles de liaison entre deux sourates ;
- se faire corriger par un professeur si possible.
Cette progression permet de passer d’une simple mémorisation à une récitation plus consciente et mieux organisée.
Apprendre la récitation du Coran avec méthode
L’isti‘adha et la basmala font partie des premières formules rencontrées par de nombreux élèves lorsqu’ils apprennent à réciter le Coran. Elles relient la langue arabe, la croyance, la récitation et les bienséances de la lecture du Coran.
Pour aller plus loin dans la pratique, il est utile d’apprendre les lettres arabes, la prononciation, les règles de Tajwid, les pauses, les prolongations et la correction orale.
Vous pouvez consulter notre article pilier sur le Tajwid, sa définition et ses règles essentielles pour comprendre les bases générales avant d’approfondir chaque notion.
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FAQ — Isti‘adha et Basmala
Que signifie l’isti‘adha ?
L’isti‘adha signifie chercher refuge et protection auprès d’Allah, en particulier contre Satan et ses insufflations.
Quelle est la formule de l’isti‘adha ?
La formule connue est : أَعُوذُ بِاللّٰهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ, transcrite A‘udhu billahi min ash-shaytan ir-rajim.
Que signifie la basmala ?
La basmala est la formule : بِسْمِ اللّٰهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ. Elle signifie : “Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.”
Quelle est la différence entre l’isti‘adha et la basmala ?
L’isti‘adha est une demande de protection auprès d’Allah contre Satan. La basmala est une formule de commencement au nom d’Allah.
Faut-il dire la basmala au début de chaque sourate ?
La basmala est récitée au début des sourates, sauf au début de la sourate At-Tawbah, qui ne commence pas par la basmala dans le Mushaf.
Peut-on dire la basmala au milieu d’une sourate ?
Si le lecteur commence au milieu d’une sourate, il récite l’isti‘adha. Il peut réciter ou non la basmala selon le contexte de sa lecture et l’enseignement reçu.
L’isti‘adha fait-elle partie du Tajwid ?
L’isti‘adha est liée aux bienséances du début de la récitation. Elle est souvent étudiée avec la basmala dans les cours de récitation et de Tajwid.
Conclusion : commencer la récitation avec protection et conscience
L’isti‘adha et la basmala sont deux formules essentielles pour comprendre comment commencer la récitation du Coran. L’isti‘adha rappelle au lecteur qu’il cherche refuge auprès d’Allah contre Satan, tandis que la basmala ouvre la récitation au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Apprendre ces formules ne consiste pas seulement à les répéter. Il faut aussi comprendre leur sens, leur place dans la récitation et les règles liées au début des sourates ou à la liaison entre deux sourates.
Avec une méthode progressive, de l’écoute et l’accompagnement d’un professeur, l’élève peut réciter ces formules correctement et commencer sa lecture du Coran avec plus de respect, de clarté et de présence du cœur.
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